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26 oct 2017

Travail : la pause s'impose

Les questions d’attention et de concentration au travail sont primordiales, à la fois pour la performance et pour le bien-être des salariés. Plus les tâches à effectuer sont longues et complexes, plus nous « consommons » de l’attention. Au fur et à mesure, le risque de faire des erreurs augmente et on devient même plus long pour effectuer nos tâches, plus mollassons…Comment combattre ces effets négatifs ? Beaucoup de recettes peuvent être utilisées pour y remédier, de la pause cigarette à la pause sociale (parler avec ses collègues) en passant par se lever et marcher. Mais toutes les pauses ne se valent pas pour régénérer nos ressources : Cyril Couffe et les chercheurs de la Chaire « Talents de la transformation digitale » de Grenoble École de Management se penchent sur le sujet.

Quelles pauses adopter ?

Pour comprendre l’impact des pauses sur la régénération des sources attentionnelles, plusieurs études ont été mises en place et se poursuivront encore. L’un des objectifs principaux de ce travail qui se fera en plusieurs étapes, est de caractériser des pauses compatibles avec le travail, efficaces et simples d’utilisation.

L’une des pistes les plus prometteuses dans ce domaine concerne le « réseau par défaut », une découverte récente en neurosciences. On a en effet constaté que le cerveau semble travailler même quand on ne fait rien. Être dans la lune, divaguer mentalement pourrait ainsi amener une régénération des ressources et une meilleure intégration des informations. Nous avons donc voulu vérifier si ces moments d’errance mentale pouvaient améliorer la qualité des pauses au travail.

Au cours d’une première étude, des participants ont été confrontés à une tâche longue, pénible et coûteuse, inspirée des travaux de Niels Taatgen : une tâche de gestion de planning d’une durée moyenne de 45 minutes. Des compétences de planification et de réflexion étaient requises chez ces participants qui devaient délivrer une performance optimale. Le niveau de réussite était mesuré tout au long de la tâche.

Les participants étaient répartis en trois groupes : un groupe qui effectuait la tâche sans aucune pause, un groupe avec une mauvaise pause et un groupe avec la pause supposée optimale. La mauvaise pause impliquait de se concentrer intensément sur une autre tâche tandis que la bonne pause permettait des moments d’errance mentale.

Les données obtenues ont mis en avant deux effets intéressants. En premier lieu, le simple fait d’avoir eu deux fois 60 secondes de pause a provoqué une augmentation de près de 10 % de bonnes réponses par rapport aux autres groupes. Ensuite, la mauvaise pause, coûteuse elle aussi en ressources attentionnelles, n’a pas aidé à régénérer les ressources, comme si les participants n’en avaient même pas eu ! Cela suggère donc que les personnes qui prennent des pauses en consultant leur smartphone ou en lisant leurs mails ne prennent en réalité aucun moment de répit cognitif…

Evaluer notre ressenti

Une autre manière de caractériser les pauses pour évaluer le ressenti des participants fut de les questionner sur leur ressenti. Tous ont rempli le NASA TLX, un formulaire d’évaluation de la charge cognitive de la tâche de gestion de planning. Les résultats montrent que les bonnes pauses ont également amélioré leur ressenti en termes d’effort cognitif. Les participants se sont donc sentis soulagés !



Lire la suite de l'article publié sur The Conversation.

Vidéo :  Pourquoi l'hyper-connexion au travail est-elle contre-productive?

Emission radio: samedi 28 octobre 2017 à 14h dans l'émission "Le Club MediaRH" sur BFM Business: Cyril Couffe évoque ses récentes découvertes à Grenoble Ecole de Management autour de l'écologie mentale, du bon usage des pauses et de la gestion de notre concentration au travail. 

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Cyril Couffe