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20 déc 2013

Recherche : Véhicules propres, les Etats poussent, les constructeurs freinent

Sans le soutien massif des Etats dans les années 90, il est peu probable que les constructeurs automobiles se seraient lancés dans le développement des véhicules électriques. L'action publique a donné l'impulsion décisive pour faire décoller le marché et décider les constructeurs à poursuivre leurs efforts.

Cet article de Jonatan Pinkse est le sujet du 2ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé 9000 articles parus dans la presse automobile et financière entre 1997 et 2010. Ils se sont focalisés sur le parcours de trois constructeurs pionniers en matière de véhicules propres : GM, Toyota et Daimler.

Le Zero Emission Vehicle (1990) : excessif mais efficace

Premier enseignement : les mesures de soutien publiques ont joué un rôle décisif, aux Etats- Unis, en Europe et au Japon. L'exemple du Zéro Emission Vehicle (ZEV), en 1990 en Californie, est parlant : il était extrêmement difficile de produire un véhicule 100 % propre à l'époque, mais cette loi a obligé les constructeurs à penser autrement et à inventer des solutions.

Ce décalage entre volontarisme des Etats et inertie des constructeurs est d'ailleurs une constante : les firmes automobiles se sont toujours montrées défavorables aux réglementations incitatives, alors même que ces dernières visaient à créer un marché.

Second enseignement : les constructeurs ont obtenu des résultats très différents. Cas extrêmes : General Motors, qui a lancé son véhicule électrique EV1 dès 1991 avant de jeter l'éponge en 2003, après avoir investi 1 milliard de dollars ; Toyota, dont la Prius (hybride) lancée en 1997 a conquis le marché japonais, puis le monde entier. Pourtant, l'un et l'autre ont eu recours au dumping et ont bénéficié de réglementations très incitatives.

L'article insiste enfin sur le jeu complexe entre soutiens publics et actions des constructeurs : si les premiers se sont essoufflés au fil des ans, les secondes ont pris efficacement le relais, assurant aujourd'hui la disponibilité de véhicules électriques, hybrides ou à pile à combustible.

A retenir

  • Pour s'imposer auprès du grand public, une innovation de rupture comme le véhicule propre avait besoin d'un soutien massif, à la fois public et privé.
  • Parfois excessives ou trop précoces, les réglementations ont toutefois décidé les constructeurs à investir ce segment.
  • Aujourd'hui, ces constructeurs se sont pleinement approprié le développement du véhicule propre.
Contacts
Mara Saviotti