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09 mai 2016

La blockchain un atout pour le secteur de la santé ?

La blockchain présente de nombreux intérêts pour le secteur de la santé en particulier pour le dossier médical personnalisé. Qu'en est-il du cadre juridique ? Nathalie Devillier fait le point dans sa nouvelle "Chronique  d'une santé connectée".

Un potentiel disruptif comparable à l’Open Data, des champs d’application multiples et une philosophie basée sur l’open source, le consensus distribué, la transparence et la résilience, la blockchain est-elle en passe de révolutionner la souveraineté, la finance, l’agriculture et… la santé ?

Initialement, la « chaîne de blocs » est le protocole de chiffrement fondant le Bitcoin qui fonctionne en mode pair-à-pair pour créer une monnaie digitale : la vérification n’est plus faite par une autorité externe (États, banques), mais par les utilisateurs qui opèrent en tiers de confiance. Chaque bloc comprend une empreinte (« hash ») qui régit aussi leur agencement. Tous les utilisateurs qui ont installé le software Bitcoin peuvent vérifier à chaque instant combien ils possèdent de Bitcoins qui peuvent s’acheter, se vendre ou s’échanger contre une monnaie réelle (USD, Euro…).

Cette technologie des registres distribués est applicable à de nombreux domaines au-delà de la crypto-monnaie : assurance, fintech, gestion de contrats (on parle de smart contracts) et peut s’utiliser couplée à une application. Certaines blockchains sont publiques, privées ou basées sur un consortium.

Hong Kong explore comment cette technologie peut améliorer le secteur de ses services financiers et le gouvernement britannique y voit maints espoirs pour le développement et la commercialisation de nombreuses offres de services (rapport du Chief Scientific Advisor Sir Mark Walport, « Distributed ledger technology : beyond blockchain »). Emmanuel Macron, lui-même, ministre de l’Économie, vient d’ouvrir son expérimentation.

Proclamé « méga trend » par le World Economic Forum, ce battage médiatique s’affranchit de toute réflexion sur les mésusages potentiels de la blockchain : je vous propose de l’avoir en transposant la technologie au secteur sensible de la santé. Comment la santé est-elle impactée par cette technologie ? Quels en sont les avantages et les risques ? Faut-il la réglementer ?

Une véritable ligne de vie pour chaque citoyen à moindre coût

Paradoxalement, le secteur de la santé génère des téraoctets de données chaque jour, des coûts de gestion énormes tout en déconnectant les parties prenantes (citoyens, professionnels de santé, prestataires, assurances). Le risque de perte de données, ou de leur sous-utilisation, est accru par la migration des citoyens qui réitèrent pléthore d’informations médicales à chaque consultation avec un nouvel interlocuteur avant qu’un diagnostic puisse être fait. La « ligne de vie » d’une blockchain en santé pour chaque individu est-elle une réponse viable à ce paradoxe ?

Lire la suite de l'article publié sur TheConversation


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